IA : que s’est il passe à Wall Street et quels enseignements en tirer

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Une note fictive. Un scénario prospectif. Quelques heures de viralité. Et c’est tou Wall Street qui vacille. Dans une document intitulé “The 2028 Global Intelligence Crisis”, publié par Citrini Research, une crise mondiale provoquée par l’intelligence artificielle se déroule en 2028. Le document n’était ni une prévision officielle ni une analyse macroéconomique fondée sur des données empiriques solides. Il s’agissait d’un scénario purement fictif qui a suffi à déclencher une panique boursière en quelques heures.

Pourquoi ? Parce que les marchés ont réagi à la probabilité et aux modèles qui présentes des failles de plus en plus visible. Souvenez vous des failles que Michael Burry avait trouvée dans le marché immobilier américain et que Wall Street, enivré d’argent et de réussite, avait allègrement ignoré les considérant comme hautement improbable. Autre marché, autre époque.

Une panique révélatrice, pas accidentelle

Dans les jours qui ont suivi, plusieurs géants du conseil et de la technologie ont vu leur valorisation reculer. Ce n’est pas un hasard si les acteurs les plus exposés sont ceux dont le modèle économique repose historiquement sur la facturation du temps, la production d’analyses standardisées ou la vente de capacités intellectuelles industrialisées. Pendant des décennies, le conseil a prospéré sur une équation simple : plus de consultants, plus de jours facturés, plus de chiffre d’affaires. A l’infini.

Et l’intelligence artificielle générative est venu bousculer cette infinité. Elle a tout simplement comprimé la valeur du « temps-homme »

La fin d’une illusion

La note fictive évoquait une crise mondiale de l’intelligence. Or, ce n’est pas une crise de l’IA, c’est une crise du conseil interchangeable, fondé davantage sur la production de livrables que sur la création d’impact mesurable. On « pisse des slides » sans réellement se soucier de la mise en application, de l’exécution. On produit même du conseil sans expérience, sans humain.

Les fragilités on brutalement été exposée aux yeux de tous, rendant clairvoyant un marché devenu aveugle : les analyse génériques sont automatisantes, les benchmarks standardisés sont légion, les slides sans exécution ne créent plus de valeur perçue. Dans ce contexte, ce n’est pas l’IA qui est sanctionnées mais les modèles qui n’ont pas anticipé son intégration profonde.

IBM, Anthropic : le symbole d’un basculement

L’épisode récent autour d’IBM, fragilisée après la publication d’un article expliquant comment Claude (une série de grands modèles de langage développés par Anthropic, et le nom de l’agent conversationnel utilisant ce modèle pour dialoguer avec les utilisateurs) pourrait moderniser du COBOL, ne doit pas être analysé uniquement sous l’angle technologique. Il révèle une tension plus profonde.

Lorsque Anthropic publie des travaux démontrant qu’un modèle d’IA peut accélérer la modernisation de COBOL (Common Business-Oriented Language, un langage de programmation compilé de haut niveau, semblable à l’anglais, développé spécifiquement pour répondre aux besoins de traitement des données des entreprises) le signal envoyé au marché est double :

  1. Les barrières technologiques historiques se réduisent.
  2. Les rentes liées aux expertises rares deviennent compressibles.

Mais réduire cet épisode à une simple démonstration technique serait une erreur stratégique. Dans l’article « Anthropic et la collaboration avec le renseignement américain : une alliance stratégique pour l’IA » — nous analysions déjà un point fondamental : Anthropic ne se positionne pas uniquement comme un acteur technologique, mais il se positionne comme un acteur systémique.

Sa collaboration avec les agences de renseignement américaines traduit une réalité plus large : l’IA est désormais un enjeu de souveraineté, de sécurité nationale et de puissance stratégique. Cela change la lecture du marché : lorsque Claude démontre une capacité à intervenir sur des systèmes critiques comme le COBOL, langage encore massivement utilisé dans la finance, l’assurance et les infrastructures publiques, ce n’est pas simplement une disruption IT. C’est une capacité à intervenir sur l’ossature même des systèmes économiques.

Et c’est précisément ce qui alimente la nervosité des marchés.

Ce que les investisseurs perçoivent (et que beaucoup sous-estiment)

Les marchés anticipent une redistribution du pouvoir technologique (qui se matérialise par la sanction sur IBM dont l’action a subit une chute spectaculaire de 13%) si les modèles d’IA peuvent ouvertement moderniser des systèmes legacy en profondeur, c’est à dire modifier unilatéralement un système obsolète qui continue d’être utilisé dans une organisation (entreprise ou administration). Ainsi, ils tendent à réduire leur obsolescence en réduisant drastiquement les couts de migration et en accélérant des transformations historiquement longues et couteuses.

Ce n’est plus seulement une question de savoir-faire technique. C’est une question d’écosystème, de contrôle des modèles et d’alignement stratégique avec les puissances publiques.

Le cas Anthropic n’est pas isolé. Il a juste fait une coup d’éclat. Son positionnement illustre la convergence entre IA, sécurité nationale, infrastructure critiques et marchés financiers.

Le véritable signal faible

La volatilité autour d’IBM est symbolique. Elle marque le moment où le marché comprend que l’IA ne se limite plus à la génération de texte ou d’images. Elle entre dans les couches profondes des systèmes économiques et touche aux fondations historiques des grands groupes.

C’est donc l’arbre qui cache la fôret : cet épisode ne raconte pas l’histoire d’une action qui baisse, mais la fin de rentes technologique – comme l’éclatement de la bulle Internet en son temps – la montée en puissance d’acteurs IA souverains et la redéfinition ilion des équilibres entre conseil, technologie et puissance publique.

Puissance publique largement en retard soit dit en passant.

La question est moins de savoir qui va remplacer qui mais qui contrôle désormais les couches stratégiques de l’Intelligence Economique. Et la se joue un nouveau cycle de valeurs.

Pour les dirigeants : trois décisions immédiates

Pour toute entreprise, TPE/PME ou ETI, l’enjeu de l’intégration de l’IA en profondeur dans les processus internes est prépondérante. Il en va de votre proposition de valeur sur des résultats mesurables mais aussi de replacer le marketing et la croissance au coeur de la stratégie. Nombre d’entreprise n’ont pas pris le virage d’Internet, le virage des Réseaux Sociaux, il ne s’agitait pas de se retrouver dans la zone de dégagement au prochain….

Attente que la volatilité se calme est une erreur, les marché sanctionnent l’incertitude et récompensent la clarté stratégique. Si une note fictive a réussi à ébranler Wall Street, ce n’est pas parce qu’elle annonçait l’apocalypse, mais parce quelle révélait que les modèles économiques figés sont vulnérable face à l’accélération technologique. La transformation est déjà en cours et il s’agit de la construire activement plutôt que de la subir.

Cela ne signifie pas dire oui à tout et céder aux sirènes du tout IA. L’humain doit reprendre sa valeur intrinsèque : expérience, émotions, humour, créativité, sens critique, etc. Elle doit etre comprise et pleinement intégrée pour permettre sa régulation. On ne dresse pas un cheval sans l’avoir observé et compris avant.



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